Histoire d’une maquetteUn beau jour (où était-ce une nuit ?), Mike nous annonce que son frère, Manu, touche sa bille question prise de son et mixage et qu’il peut, si nous le voulons, nous faire un petit enregistrement… Est-ce qu’on veut ??? Attend, on réfléchit… Bien sur qu’on veut !!! Je dirais même qu’on attendait que ça… Manu vient alors nous voir lors d’une de nos répètes, nous juge aptes et nous donne quelques consignes concernant l’enregistrement et nous averti des difficultés que nous risquions de rencontrer : la prise de son se passerait en live, nous devrions jouer tous ensemble la totalité du morceau et bien sur sans la moindre imperfection, ce qui ajouterait une pression inhabituelle qui pourrait nous jouer des tours. Forts de ses conseils, nous voilà partis pour des répètes velues axées sur les 7 morceaux choisis pour le CD : Histoire de France, Ludivine, La Sous-pref, Crève cœur, Ravis au lit, La Métropolit’haine et Le balayeur de rêves. Deux fois par semaine, à jouer tout ça en boucle, on peut dire qu’elles nous sortaient par les trous de nez ! Manu vint alors récupérer les gouttes...
Pas de maquette sans matos… L’installation du matériel débute un jeudi soir, à la fin d’une ultime répétition, pour finir le vendredi dans la soirée. A mon arrivée après le boulot, les bras chargés de pizzas, la balance de la batterie était à peine finie : il était 21 heures.
A voir ces couvertures suspendues autour de la batterie, ce tapis de câbles au sol, les deux table de mix connectées au PC… nous avions compris que les choses sérieuses allaient commencer ! Le vendredi ne devait servir qu’à installer le matos et éventuellement enregistrer une ou deux zics, mais après le réglage de la basse et de la guitare, pris dans notre élan nous avons enregistré quatre des sept morceaux (dans l’ordre la Sous-pref, la Métropolit’haine, Ludivine et Crève cœur). Notre préparation portait ses fruits : tout se passait idéalement… Mike collait parfaitement au tempo, Seb assurait aussi bien dans ces parties basse que dans ces parties synthé (La partie spé dans Ludivine sans la moindre faute dès la première prise !) Je ne chantais que ce qu’il fallait pour nous repérer dans la structure, pour ne pas « taper » avec la voix dans les micros batteries (bon ok, c’était aussi pour m’appliquer une peu plus à la gratte, j’avoue). Les conditions étaient donc très différentes d’un concert où on se laisse souvent guider par l’émotion, où les musiques se vivent plus qu’elles ne se jouent (bordel ça me manque !) mais une grande part de notre énergie se retrouve tout de même sur la galette.
Ajoutons à cela l’excellente ambiance qui régnait au local, on était super bien installés pour bosser sérieusement ;-) (des packs de bière, une cafetière, à bouffer pour quinze, un jeu de fléchettes, des magazines, etc…)
C’était comme dans un rêve… qui prit fin à 4 heure du mat au bout de 6 prises de son foireuses sur Histoire de France. La fatigue se faisait sentir car la journée avait été longue, pas la peine d’insister : tout le monde au lit. Le lendemain midi nous étions déjà de retour, il ne nous restait « que » 3 titres à enregistrer. Malheureusement pour nous ça n’allait pas si bien qu’au petit matin, et si « Histoire de France » s’était enfin laissée dompter et mettre en boite, « Ravis au lit » nous a donné plus de fil à retordre, notamment au niveau du réglage de l’électro-acoustique pour avoir un son satisfaisant. «Le Balayeur de Rêves » nous a cassé les bonbons avec le réglage en volume des micros cymbales du début, puis surtout avec ce con de solo qui bizarrement ne voulait pas sortir… Travail difficile et laborieux…Mais à 21 heures les sept piste instrumentales étaient enfin logées sur le petit disque dur de l’antique PC. Après cela, Manu avait besoin de temps pour « donner de l’ampleur au piano »… Nous allions donc fêter cette première étape… à la cafétéria du CORA ! De retour d’un repas qui fut plein d’élégance et de finesse (comme à l’accoutumé), nous avons trouvé les trois micros chants (pas moins… une histoire de périphérie de son Oo) encerclés de nos vielles couvertures odorantes, devant lequel trônait un paramolard (une bonnette antivent en fait). Bref notre ingénieur du son s’était fort activé pour mettre en place la prise de voix. La prise de voix22 heures, la nuit risquait d’être longue. Il n’y avait plus que du café qui coulait dans nos veines, sauf Manu qui se tapait une petite bière à chaque fois qu’il tournait un bouton. J’attaquais donc le chant... C’était assez impressionnant car je savais que dans la pièce d’à côté, les autres (Manu, Mike, Seb, Fée et Nico) n’avaient sur les enceintes que ma voix (sans aucune musique). Il s’agissait d’une première pour moi, mais une fois passé le premier tour de chauffe, je me suis surpris à prendre énormément de plaisir à le faire ! Le temps nous manquait et ma voix risquait de prendre cher si je passait une heure à brailler sur une même chanson, mais la chance me sourit et la plupart des pistes de chant ont été enregistrées en une seule prise. Après chaque chanson, Seb enregistrait la deuxième voix, le plus long étant de retrouver sur le spectre (image visuelle d’une piste audio) les endroits où il fallait mettre cette deuxième voix.
Quelques anecdotes…L’enregistrement des « Olé ! » de « Ravis au lit » Pendant la prise de voix, Mikaël, le plus gros dormeur que cette terre ait connu, ronflait royalement (vidéo à l’appui), la tête appuyée sur l’enceinte de 100W dont nous nous servions et qui lui crachait tout ce qu’elle pouvait à bout portant sans que ça le perturbe dans ces douces rêveries…
Et lorsqu’il fallut enregistrer les « Olé » de « Ravis au lit » nous avons compris que le vacarme de l’enceinte n’avait aucune chance de le réveiller car nous avons du le secouer, l’appeler, le retourner, lui expliquer la situation, le regarder observer sa main une bonne dizaine de minutes avant de le voir enfin se lever du canap et se diriger d’un pas lourd vers le micro. Cette prise fut mythique, je me rappellerai toujours qu’alors que nous étions tous les trois devant le micro, j’ai du lui mettre un coup de coude dans les côtes car ce goret se rendormait entre deux « Olé »!
Le « Révolution » de la Métropolit’haineNous devions hurler ce « Révolution » et, tels des professionnels accomplis, Seb et Mikala m’ont rejoint au micro sans omettre, bien sûr, d’emmener leur verre de blanc et d’amer bière histoire de pas se dessécher ! Le « Putain mais tu vas fermer ta gueule ? »C’est la phrase du voisin qui beugle après avoir tapé 3 coups contre le mur à la fin de la Métrop’. Mike a recommencé cette prise une dizaine de fois pendant que Seb, Manu et moi rigolions comme des bossus à l’entendre s’égosiller ainsi … La fin d’une maquette : un nouveau départ !Aux alentours de 5 :30, sur la Sous-préf, après que Seb ait posé la deuxième voix, la partie prise de sons était enfin terminée ! Nous étions au bout du rouleau, Manu ne voyait plus clair (il était sec, mais se disait fatigué) Mike dormait toujours, et Seb avec ces yeux de cocker maudissait son triste sort qui le destinait à passer toute la journée à Strasbourg au lieu de roupiller. Quand à moi, j’avais perdu toute lucidité dès le « au cul du sous-préfet » prononcé (dernière phrase de la Sous-pref), et je n’attendais plus que mon doux lit. Mais avant de partir, nous devions tout remballer, et il faisait déjà grand jour lorsque nous sommes partis avec les appels à la prudence des arrachés survivors de la teuf du local d’à côté qui croyaient que nous avions étés des leurs lors de la soirée. Ce fut une superbe expérience humaine et musicale, du gros boulot, suivi d’un plus gros encore : toute la partie mixage par Manu.
Loin d’être un aboutissement, nous espérons que cette maquette amateur nous ouvrira des portes pour des tas de concerts, ou pour entrer dans des associations ou encore accéder un jour à un enregistrement studio…C’est pourquoi la maquette porte ce titre (en + d’un clin d’œil à la sous-pref) : En attendant… 
Merci beaucoup à toi Manu (dit Maître corbeau) pour ce superbe cadeau que tu nous as fait , tous les efforts et tout le temps que ça t’a demandé !
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